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Urgence en cours : 112, 15, 18

Rubrique 1 sur 6

Comprendre le sac d'évacuation 72 h avant de le préparer

À quoi sert ce sac, pourquoi on parle de 72 heures, quand il faut partir et quand il faut rester, et ce que recommandent vraiment les autorités. De quoi éviter les achats inutiles et les erreurs les plus courantes.

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L'essentiel en 30 secondes

  • Le sac d'évacuation sert à partir vite de chez soi, sur ordre des autorités ou parce que le danger l'impose.
  • 72 heures, c'est le délai d'autonomie retenu par la France et l'Union européenne.
  • Dans beaucoup de situations, la consigne est au contraire de rester à l'abri. Le sac ne remplace pas les réserves de la maison.
  • Aucun kit n'est obligatoire ni « officiel ». Un sac utile se prépare surtout avec ce que vous avez déjà.

1 · Pourquoi un sac d'évacuation

Partir en quelques minutes, sans rien oublier d'important

Lors d'une évacuation, on a rarement le temps de réfléchir. Les consignes arrivent par le téléphone, la radio ou les secours, et il faut souvent quitter les lieux sans délai. C'est à ce moment-là que l'on oublie un traitement, des lunettes, un chargeur ou les papiers d'un enfant.

Le sac d'évacuation règle ce problème à l'avance : tout ce qui compte vraiment est déjà réuni, au même endroit, près de la sortie. Vous gardez l'esprit libre pour vous occuper de vos proches.

36 750

personnes évacuées

≈ 500

hébergées la nuit en centre d'accueil (au plus fort)

Ce que montrent les feux de Gironde de juillet 2022 La grande majorité des évacués s'est relogée par ses propres moyens, chez des proches ou à l'hôtel. Le scénario le plus probable n'est donc pas une nuit en forêt, mais une ou deux nuits chez quelqu'un ou dans une salle d'accueil : votre sac doit d'abord rendre ces nuits supportables. Source : préfecture de la Gironde.

2 · Pourquoi 72 heures

Le temps que les secours s'organisent

Lors d'une crise importante, les secours vont d'abord vers les urgences vitales. Il leur faut du temps pour ouvrir des centres d'accueil, rétablir les routes et organiser le ravitaillement. Les autorités européennes ont retenu un repère commun : chaque foyer doit pouvoir tenir seul environ trois jours.

Ce n'est pas une durée magique. La logique est visible en Suisse, où la réglementation garantit au moins 4 litres d'eau par personne et par jour à partir du quatrième jour d'une pénurie grave : les trois premiers jours reposent sur chacun.

  1. 26 mars 2025

    Union européenne

    La stratégie « Union de la préparation » fixe l'objectif de 72 heures d'autonomie pour chaque foyer.

  2. 20 novembre 2025

    France

    Le guide « Tous responsables » recommande un kit d'urgence pour 72 heures dans chaque foyer.

  3. Avril 2026

    Belgique

    La campagne « Prêts. Ensemble. » distingue clairement le sac à emporter et les réserves de la maison.

3 · Les différents types de sacs

Une préparation en couches, pas cinq sacs identiques

Une crise ne vous trouve pas toujours chez vous. Chaque « couche » répond à une situation différente et complète la précédente : inutile de tout acheter en double.

  1. Sur vous

    Objets du quotidien (EDC)

    Ce que vous avez toujours sur vous : téléphone chargé, petite lampe, un peu d'argent, vos médicaments du jour.

  2. Au travail

    Sac pour rentrer chez soi

    Pour rentrer à pied si les transports s'arrêtent : chaussures confortables, eau, en-cas, carte papier.

  3. Dans la voiture

    Kit voiture

    Pour un blocage sur la route : couverture, eau, lampe, gilet, coupe-ceinture et brise-vitre.

  4. Près de la porte

    Sac d'évacuation

    Pour quitter le domicile en quelques minutes et tenir environ 72 heures. Le sujet de ce site.

  5. À la maison

    Réserves du domicile

    Pour rester à l'abri : eau en quantité, nourriture, radio, de quoi tenir plusieurs jours.

Que mettre dans le sac d'évacuation

4 · Évacuer ou rester

Ce sont les autorités qui décident, et ce n'est pas toujours « partir »

On confond souvent quatre consignes différentes. Les connaître évite les réflexes dangereux.

Se mettre à l'abri
Entrer dans un bâtiment en dur et y rester, en écoutant la radio.
Se confiner
Se mettre à l'abri, puis rendre la pièce étanche : fermer, calfeutrer, couper la ventilation. Contre un nuage toxique ou radioactif.
Se réfugier en hauteur
Monter à l'étage ou dans une zone refuge face à une montée des eaux, avec son kit.
Évacuer
Quitter la zone, normalement sur ordre du préfet ou du maire. C'est là que le sac d'évacuation sert.

Rester, puis partir : pendant une mise à l'abri, gardez votre sac d'évacuation dans la pièce où vous êtes. Si l'ordre d'évacuer tombe ensuite, vous êtes prêt.

La conduite à tenir, risque par risque

5 · Ce que recommandent les autorités

Le guide « Tous responsables » et ses équivalents chez nos voisins

En France, le guide publié en novembre 2025 organise le kit d'urgence autour de trois priorités simples.

  1. Boire et manger
  2. Avoir chaud
  3. Se soigner
Eau recommandée et repères, pays par pays
PaysEau recommandéeÀ retenir
France6 L par personneKit 72 h ; vérification deux fois par an
Belgique1 L dans le sac ; 3 à 10 L par personne et par jour à la maisonDistingue le sac et les réserves
Suisse9 L par personneProvisions domestiques pour boire et cuisiner
LuxembourgAu moins 6 L par personneDe préférence en petites bouteilles
Québec6 L par personneTrousse d'urgence 72 h
Union européennePas de quantité fixéeObjectif commun de 72 h d'autonomie

6 · Idées reçues

Vrai ou faux : six idées à corriger

  • Faux

    « Le kit d'urgence est obligatoire »

    C'est une recommandation, pas une obligation. Aucune sanction n'existe.

  • Faux

    « Ce kit est conforme aux recommandations du gouvernement »

    Il n'existe aucune norme ni aucun label officiel pour les kits vendus. Méfiez-vous de ces mentions commerciales.

  • À nuancer

    « Il faut 6 litres d'eau dans le sac »

    C'est la réserve recommandée pour la maison. Dans le sac porté, 2 à 3 litres et de quoi traiter l'eau suffisent.

  • Faux

    « La couverture de survie suffit pour avoir chaud »

    Seule, elle limite peu la perte de chaleur. Ce qui protège vraiment : des vêtements secs et un isolant contre le sol.

  • Faux

    « Un petit couteau, c'est toujours autorisé »

    Tout couteau, même pliant, ne peut être porté ou transporté qu'avec un motif légitime. « Me défendre » n'en est pas un.

  • Vrai

    « On peut commencer sans rien acheter »

    Une bouteille d'eau, une lampe, des photocopies de vos papiers et vos médicaments : c'est déjà un vrai début.

7 · Se préparer sans angoisser

Se préparer, c'est justement ce qui rassure

Penser aux catastrophes peut inquiéter. Les recherches sur la communication des risques montrent pourtant que l'inquiétude diminue quand on sait quoi faire et qu'on commence à agir. Trois conseils pour avancer sereinement :

  • Des petits pas

    Un module par semaine plutôt que tout en un week-end.

  • Les situations probables

    Partez de votre risque réel : une inondation, une coupure de courant, pas un scénario catastrophe.

  • À plusieurs

    En famille ou avec des voisins, on se prépare mieux et on s'entraide le jour venu.

Et maintenant ?

Sources

Consultées et vérifiées le 12 octobre 2026.

  • Gouvernement, Se préparer aux situations d'urgence et guide « Tous responsables » (SGDSN, 20 novembre 2025)
  • Géorisques, Mon kit d'urgence 72 h
  • Ministère de l'Intérieur, Sécurité civile : kit d'urgence
  • Commission européenne, stratégie « Union de la préparation » (26 mars 2025)
  • Centre de crise national (Belgique), campagne « Prêts. Ensemble. » (avril 2026)
  • Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (Suisse), recommandations sur les provisions domestiques

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